La philanthropie de l'ouvrier charpentier

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Péguy et les femmes

Emission du : 16/1/2016


Péguy n’est pas féministe ; mais l’importance qu’il accorde aux personnages féminins dans son œuvre, le nombre de femmes avec lesquelles il noue amitié ou collabore, et sa capacité à s’exprimer aussi bien à travers des voix masculines que des voix féminines le distinguent. En cela, il s’écarte à la fois d’une certaine gynophobie fin-de-siècle, de la haine des bas-bleus (bien ancrée chez les écrivains catholiques) et de la misogynie qui imprègne le mouvement ouvrier de Proudhon à Sorel. À distance de la sur-sexualisation contemporaine du féminin, Péguy pense dans la sublimation des désirs une société sinon égalitaire, du moins équitable. Sa conception comme sa représentation de « la » femme restent cependant traversées de paradoxes : la plupart des femmes évoquées dans sa production sont des êtres de papier ou des figures mythiques (fussent-elles « historiques ») ; parmi les rares femmes qui contribuent aux Cahiers de la quinzaine, certaines ‒ Mathilde Salomon et Louise Lévi ‒ se consacrent à une activité alors jugée subalterne, la traduction ; d’autres se cachent derrière des initiales, quand elles ne choisissent pas l’anonymat. Quelle que soit leur visibilité, les lectrices et les correspondantes de Péguy demeurent peu connues… et difficiles à étudier. On sait peu de choses, par exemple, des abonnées des Cahiers, parmi lesquelles figuraient beaucoup d’institutrices ou de directrices d’établissements scolaires.


Intervenant(s) :

Al-Matary Sarah : Pour plus d'infos


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